Mille milliards pour le FMI (et la Banque Mondiale), des listes noire et grise pour les paradis fiscaux, un "machin" pour sonner l'alarme en cas de nouvelle crise, et un prochain rendez-vous a priori à New-York à l'automne. Les résultats du G20 de Londres ont été glorifiés et on nous a présenté l'avènement d'un 'nouveau capitalisme'.La bonne blague !
Plusieurs grandes questions primordiales n'ont pas été abordées ou mise de coté. L'épuration des banques et de leurs pratiques n'a pas été prise en main, le levier que représente la politique monétaire a été balayé d'un coup de main, l'évolution des missions du Fond Monétaire Intérnational, de l'Organisation Mondiale du Commerce, de la Banque Mondiale (et des contraintes que ces organismes soumettent aux pays émergeant ou pauvres) n'a pas été un sujet, et les paradis fiscaux ont été un point au 3/4 sabordé.
Les vrais sujets n'ont pas été abordé, du moins pas dans les résultats. La seule bonne nouvelle de ce G20: tous ceux qui nous prônaient il y a quelques mois encore un capitalisme ultralibéral sans décisionnel politique ou réglementaire ont mangé leur chapeau -pour le moment-, en premier Nicolas Sarkozy.
Une politique monétaire commune est une question centrale qui effraie nombre de pays, comme l'Allemagne. Seule la Chine (avec des arrières pensées) a fait une proposition en ce sens: une monnaie unique pour la Bourse (comme c'était le cas avec l'écu avant l'existence de l'euro). Il s'agit de stopper l'utilisation des fluctuations des monnaies entre elles pour créer des profits monstres à des fonds. On pourrait commencer en Europe en modifiant les objectifs de la BCE !
Fumisterie des paradis fiscaux.
Nicolas Sarkozy crie victoire sur ce thème qui lui était cher, et bien il n'a rien gagné ! Aujourd'hui il n'y plus de pays en liste noire ! Ils sont tous en liste grise (listes qui existent depuis plusieurs années déjà). L'OCDE a pris en compte les 'engagements' des États à modifier leurs règles, puis les a retirés de cette liste noire...
L'évasion fiscale, pour la France, vers les paradis fiscaux représente 50 milliards €, soit 10% des rentrées d'impôts (!). Et c'est loin d'être fini. La Suisse, par exemple, va assouplir sa règle mais très légèrement: en cas d'évasion fiscale avérée, et donc au cas par cas, et en aucun cas pour des ressortissants suisses (tels certains sportifs jouant en équipe française). Le secret bancaire a encore de beaux jours devant lui.
La France aime les paradis fiscaux.
En effet, un nombre impressionnant d'entreprises françaises sont présentes (et fortement) dans ces pays aveugles en matière fiscale. Toutes les entreprises françaises du CAC40 sont présentes dans un paradis fiscal: BNP Paribas (dont le premier actionnaire est aujourd'hui l'Etat !), LVMH (Bernard Arnault), Crédit Agricole, PPR (François Pinault), France Télécom, Lagardère, Dassault, Bouygues, Carrefour, Total, etc.
L'Europe aussi les aime. Combien de paradis fiscaux ? Luxembourg, Suisse, Monaco, Liechtenstein, Andorre, certes, mais encore? Et bien la plus grande place fiscale de ce type: Londres ! Suivent les Pays-Bas, l'Irlande, les îles de la Manche, la Belgique, etc. Or ces pays ne font pas partie de la liste grise de l'OCDE (exception faite du Luxembourg et de la Belgique).
A l'heure des élections européennes, il serait bon de montrer l'exemple ! Mais aussi le chef de l'Etat pourrait-il souffler à l'oreille de ces amis de patrons (Bouygues, Pinault, Arnault, Bolloré, etc) de cesser leurs magouilles fiscales...



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