4 juillet 2009

Culture et ouverture.

Hier soir le Conseil municipal de Quéménéven a voté pour un conventionnement entre la commune et la compagnie de théâtre de marionnette Tro Héol. Un vote qui parait anodin mais qui a passionné les débats dans la commune depuis quelque mois!

En effet, ce vote est le second. Un premier a eu lieu en février, après de longs débats en conseil, la majorité des élus municipaux avait voté contre par bulletin secret. Le maire avait donc été mis en minorité par sa propre majorité sur un dossier qui lui tient à cœur depuis toujours.

Les arguments qui ont fusé ce jour là, sont multiples. La compagnie utilise déjà des locaux municipaux (ancienne école et ancienne mairie), pas assez d'argent, pas d'intérêt pour les habitants, etc. Seulement lorsque la compagnie décide de faire un spectacle ouvert et gratuit pour tous, la salle est comble...

La culture encore une fois était mise de coté, et non prioritaire, surtout en ces temps de crises. Or justement, la culture, avec l'éducation, doit être une des priorité des collectivités locales. Car elle est une ouverture vers le monde pour nos jeunes générations. Elle est créatrice d'emplois pérennes. Et elle permet à des communes souvent isolées ou très rurales d'avoir une vie sociale.

La compagnie Tro Héol s'apprête à recevoir, dans les mois à venir, des conventionnements et subventions de toutes parts: Conseil Général, Conseil Régional, État, Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC). Une commune de moins de deux mille habitants avec une compagnie de théâtre conventionné à la DRAC, c'est plutôt pas fréquent !

Tout cela pour presque rien financièrement: la compagnie demande simplement qu'une partie des travaux des locaux qu'elle loue à la commune soit couvert par la municipalité (changement des fenêtres, toit, etc). Travaux qui auraient de toute façon du être fait pour éviter un pourrissement du bâtiment.

Culture, école, sport, et vie de commune sont liés et complémentaires. Tous ces éléments font partie du rayonnement de la commune. Ils ne doivent pas être opposé, même sur les questions de gros sous. Quéménéven fait honneur à cela aujourd'hui, notamment face à des villes qui baissent les budgets sur la culture et l'animation sociale comme à Châteaulin.

30 juin 2009

La démocratie des Balkany...

Anti "bande UMP"

Christian Estrosi peut être à demi content. Sa loi dite "anti bande" a été adopté à l'Assemblée Nationale. Mais il n'est toujours pas ministre de l'Intérieur...

Cette loi que la gauche a combattu fortement, par les voix de Délphine Batho et Jean-Jacques Urvoas notamment, est dangereuse car elle renferme en elle des principes qui sapent la base de nos valeurs. En effet, certains délits ont une définition floue ou très compliquée à matérialiser. Elle fleurte avec deux principes contraires à notre démocratie, à notre droit et aux Conventions de Genève (la 4e, d'août 1949) : la condamnation collective (une personne commet un délit, tout le groupe est condamné) et la condamnation d'intention (une personne est condamné pour un délit qu'on suppose qu'elle fera, sans preuve matériel).

Politiquement, cette loi est du gâchis car elle sera en grande partie inapplicable faute de moyens humains. Humainement, elle peut être dangereuse suivant son application concrète sur le terrain. De plus, la définition de "bande" est compliquée: des profs en grève qui envahissent leur établissement, bande ou pas?

C'est une loi d'affichage, dans la pure tradition de Nicolas Sarkozy. On doit être au 15e texte de loi sur la sécurité en quelques années. Résultats: les violences physiques aux personnes sont en hausse. Loin de faire un bilan législatif et concret pour plus d'efficacité, la droite et le gouvernement n'ont qu'une chose en tête: récolter des voix grâce à la peur.

Le Parti Socialiste a proposé plusieurs amendements (une quarantaine) lors des discussions en commissions et en plénière, la droite les a tous refusés. Le bilan du président Sarkozy en matière de sécurité est mauvais ! La politique du chiffre a montré ses limites. Il faut des moyens mieux réparti, une police de proximité à nouveau présente partout, et un travail de terrain qui porte ses fruits sur le long terme sans pour autant être coulant. Le tout accompagné d'une politique sociale, économique efficace (stopper la fermeture des services publics de proximités par exemple !) et une école qui a des moyens réels. De la prévention, des perspectives d'avenir pour tous, et de la fermeté.

Les positions du PS sur ce texte et sur la sécurité ici.

Le texte en sortie de 1re lecture de l'Assemblée Nationale ici.

24 juin 2009

De Louis XIV à Louis Napoléon Bonaparte.

Nicolas Sarkozy et François Fillon nous avaient promis un léger toilettage du gouvernement, on se retrouve avec un Fillon IV. Après une mise en scène plutôt ratée de Versailles en début de semaine, le président de la République refait la même chose aujourd'hui: rien de neuf, du creux, du vide.

Une seul chose va rester dans l'Histoire : le retour du chef de l'Etat devant les représentants du peuple. Ce qui n'est pas une mauvaise chose. Par contre la suite ne remplira pas les pages des livres d'histoire, vu que Nicolas Sarkozy n'a rien dit, n'a rien annoncé sauf un emprunt dont on ne sait rien sur la façon dont il va être levé et vers quoi il va être orienté. 400 000€ à 600 000€ pour se faire applaudir, pour faire un meeting UMP au discours vague, au catalogue d'objectifs déjà vu notamment en 2007 lors de la campagne. Un discours de candidat donc. Seulement Nicolas Sarkozy a oublié une chose: il n'est plus candidat mais président de la République !

Hier soir, avec de l'avance, Claude Guéant a donc annoncé le nouveau gouvernement.
Premier constat: Nicolas Sarkozy poursuit la multiplication des ministres avec des portefeuilles aux frontières floues. Deuxième: il y a encore moins de femmes, la parité attendra. La stabilité politique et gouvernementale attendra également. Brice Hortefeux change déjà de portefeuille. Les Droits de l'Homme ont disparu du gouvernement. L'agriculture et la pêche sont éclatées entre deux voir trois ministères (espace rurale aménagement du territoire / agriculture & pêche / mer).

En fait, ce nouveau gouvernement est à l'image de la politique de Nicolas Sarkozy: de l'image. En effet, il tente un nouveau 'coup' avec Frédéric Mitterrand qui je le rappelle n'est pas de gauche (il a soutenu Chirac en 1995 par exemple). Il promeut des membres de l'UMP pour un équilibre purement interne à la droite. Il divise les ministères en de multiple sous chapelles pour une raison simple: diviser s'est régner. Et oui, le véritable gouvernement n'est pas celui annoncé hier soir sur le perron de l'Elysée, mais c'est le cabinet de Claude Guéant, véritable Premier Ministre. Un cabinet qui nomme les directeurs de cabinets des ministres, qui compte un collaborateur par sujet (tel un gouvernement), et un cabinet qui écrit les lois et les transmets aux ministères.

Comme le dit Jean-François Copé sur tous les plateaux, oui la Vè République n'est plus. Nous sommes dans la République de Louis Napoléon Bonaparte (1848), où, lorsqu'il était encore président élu, il était en conflit permanent avec les députés, faisait jouer une fibre anti parlementaire (accusé de freiner les réformes, et de faire de l'obstruction aux débats, etc.). Évidemment la comparaison s'arrête là du point de vue des faits historiques. Mais du point de vue politique et philosophique elle se poursuit. Nicolas Sarkozy a un discours de la plus grande tradition de la droite bonapartiste: le mouvement permanent, le coup d'éclat permanent, séduction de l'opposition, et discours anti institutions (sur le Parlement, sur l'administration, sur les structures toujours trop nombreuses et qui empêcheraient de réformer).

Nicolas Sarkozy se voit en Bonaparte, le premier. Mais il est plus à la "hauteur" du troisième pour notre plus grand malheur: Louis Napoléon Bonaparte, puis Napoléon III, est l'un des chefs d'Etat qui est resté le plus longtemps à la tête de notre pays (1848-1870)...

17 juin 2009

Plein de candidats, mais pas de programme ni d'électeurs...

Réfléchir, débattre et trancher.
Voilà trois étapes de travail que le Parti Socialiste n'a pas entrepris depuis ce 21 avril 2002 qui reste dans toutes les mémoires. Ou du moins, nous ne l'avons pas fait de manière cohérente et organisée au plus haut niveau.

Que pense le PS de l'avenir de l'Education nationale? Quelle politique migratoire faut-il mettre en place? Faut-il augmenter, diminuer les impôts? Quel système de retraite pour demain? Concrètement, quelles mesures pour mettre en place une réelle formation tout au long de la vie? Quelle politique de l'emploi pour les jeunes? Etc.

Toutes ces questions, nous nous les posons, et nous n'avons pas de réponses précises. Or nous n'avons pas tranché nos positions politiques sur l'ensemble de ces questions et bien d'autres depuis 2002 !

Après le choc de cette élection présidentielle, choc assoupli par des législatives moins catastrophiques que prévues, nous nous sommes enfermés intellectuellement. Puis en 2004, nous nous sommes aveuglés par des victoires électorales en trompe l'oeil. Et aujourd'hui on se renferme encore sur des baronnies fantoches ou des chapelles en ruine pour de perpétuelles candidatures aux élections suprêmes. Seul problème: on a les candidats (pour beaucoup avec des qualités), mais on n'a ni le programme, ni les électeurs !

Certains camarades imputent cette anomie cérébrale à celui qui à repris les rênes du parti en 2002, François Hollande. Ça serait trop facile de le rendre seul responsable, même s'il a une part de responsabilité. Mais les jeux d'égos et la feignantise intellectuelle de nos "personnalités" nationale nous ont emmené là on nous en sommes.

Aujourd'hui quoi faire?! Et bien: penser.
Faisons ressortir des débats sur quelques grandes thématiques (solidarités, économie/fiscalité, école/culture, etc.) le tout en prenant en compte des règles transversales notamment sur l'écologie. Et in fine, sortons plusieurs grandes propositions politiques. Et tranchons des débats que nous avons depuis des décennies ! Osons prendre à bras le corps ces discussions, sur des thèmes où le PS s'est fait piéger par la droite.

J'ai peur que les faux débats de primaires/pas primaires pourrissent une réflexion POLITIQUE qui est essentielle. Les candidats il y en aura, trop ou juste ce qu'il faut, mais je ne me fais pas de soucis. Par contre des propositions fortes et clivantes, là j'espère. Et l'espoir...fait militer.

16 juin 2009

Réflexion interne.

Aux élections européennes, le plus grand gagnant a été l’abstention.


Ceux qui ne se sont pas déplacés sont ceux qui, en majorité, ont voté Le Pen en 2002, Sarkozy en 2007 et qui auraient pu voter NPA aujourd’hui. Ce sont ceux qui sont le plus touchés par la crise économique et sociale. Ils n’ont pas voté pour le NPA car il n’a pas la crédibilité pour changer réellement notre société dans le cadre démocratique, ils n’ont pas voté Sarkozy car il est au pouvoir et son échec est patent. Ils n’ont pas voté pour nous car nous ne sommes pas crédible, nous n’avons pas les réponses à leurs préoccupations et nous ne sommes pas audibles.

Il ne s’agit pas pour nous d’être plus à gauche ou plus au centre, c'est-à-dire plus à droite. Mais il s’agit pour nous d’être à gauche, d’être socialiste. Or pour cela, il nous faut définir ou redéfinir ce que veut dire être de gauche et être socialiste. Travaillons sur nos idées, sur notre vision de société à long terme, sur les réformes que nous voulons mettre en place pour transformer la société et pour définir nos réponses à la crise économique et sociale, à la crise écologique (crises intimement liées), réfléchissons à comment répartir les richesses pour protéger notre solidarité et pour défendre l’emploi, cela à toutes les échelles ; locale, nationale, européenne, et internationale.

Cela passe donc aussi par une autre organisation de notre parti.
Travailler ensemble sur le fond nous oblige à dépasser enfin les conflits d’égos et d’ambitions personnelles. Pour cela il faut également porter le respect des personnes et des idées au cœur du PS, ce qui est loin d’être le cas à ce jour.

Mais il faut également dépasser aujourd’hui les histoires de courants et de motions pour se battre ensemble. Cette architecture de notre organisation interne est fatiguée, elle épuise nos militants. Le courant politique n’est pas un mal, il a son utilité pour faire fructifier des débats d’idées, mais il ne faut pas également qu’il se transforme en un regroupement amertume et revanchard. Si nous ne sommes pas capable de cela, comment parler aux autres forces de la gauche ?!

Nous pouvons construire une maison commune de la gauche.
Commençons aujourd’hui. Transformons le PS, en renouvelant nos pratiques, nos idées, nos débats… et l’une des premières pierres de ce travail, la fédération du Finistère l’apporte aujourd’hui.

En effet, la fameuse charte de la rénovation qui est encore en discussion à ce jour et qui sera soumise au vote des militants peut et doit être un outil à cette transformation. Mais alors il faut arrêter le double discours qui veut que l’on prône une transformation radicale et immédiate en Conseil National, puis quant il s’agit d’être concret avec cette Charte et sur la question du cumul des mandats et des fonctions, là on se recroqueville sur son intérêt individuel !

Transformons le PS, commençons aujourd’hui, avec ce texte qui doit être ambitieux et réaliste. C’est un premier test de la sincérité de celles et ceux qui prônent un PS profondément nouveau, ouvert, et rénové, sur le fond et la forme !